Peu de films ont autant porté à polémique qu'Orange Mécanique...
Véritable choc au moment de sa sortie il n'a laissé personne indifférent.
Chef d'oeuvre pour les uns, justification de la violence et de la haine pour les autres, Kubrick a, avec ce film,définitivement marqué son époque...
Grande-Bretagne 137 mn n.b/couleur
Réalisateur : Stanley Kubrick
Scénario : Stanley Kubrick, d'après le roman d'Anthony Burgess
Photographie : John Alcott
Musique : Nacio Herb Brown, Walter Carlos, Rachel Elkind, Edward Elgar, Gioacchino Rossini, Ludwig van Beethoven, Henry Purcell, Nikolai Rimsky-Korsakov
Interprètes : Malcolm McDowell, Patrick Magee, Michael Bates, Warren Clarke, John Clive, Adrienne Corri, Carl Duering, Paul Farrell, Clive Francis, Michael Gover, ...
Synopsis :
Dans un futur plus ou moins proche, Alex et sa bande, à la recherche d'ultra-violence, commettent les crimes les plus gratuits : agressions, viols, meurtres. Trahi par ses complices, Alex est arrêté et envoyé en prison où il subit un traitement expérimental destiné à supprimer ses mauvais penchants. Rendu aussi doux qu'un agneau, il est remis en liberté. Mais ses anciennes victimes se vengent...
Critique de "1001 Films" :
Film le plus controversé de Stanley Kubrick, Orange Mécanique fut interdit au Royaume-Uni à la demande du réalisateur peu après sa sortie, et ce en dépit d'un succès phénoménal, accompagné, il est vrai, de très violentes critiques. Devenu légendaire, il ressortit près de trente ans plus tard, après la mort de Kubrick. Cette fable sociale futuriste toujours aussi percutante est une transposition audacieuse du roman d'Anthony Burgess, lui-même accueilli à sa parution en 1959 par un mélange d'éloges et d'opprobre et longtemps jugé impossible à adapter à l'écran.
Jeune délinquant malin et pédant, Alex De Large (Malcolm McDowell) aime la pornographie, Beethoven et mener ses "Droogs" en chapeau melon et salopette blanche (avec un Warren Clarke poupin) dans des virées "d'ultra-violence" durant lesquelles ils parlent en rimes dans leur propre jargon, hybride de russe et d'argot cockney. Lors de la première partie du film, un passage très cru reviendra hanter Alex assagi : après s'être introduit dans une luxueuse demeure, le gang mutile le mari (Patrick Magee) et viole son épouse (Adrienne Corri) pendant qu'Alex chante "Singin' in the rain" en rouant les malheureux de coups de pied du bout de ses godillots à bout en acier. Il est intéressant qu'on se souvienne du viol comme d'une scène particulièrement pénible alors que Kubrick ne montre que l'instant où Alex découpe la combinaison rouge moulante de sa victime. Lors d'une autre virée, Alex fracasse le crâne d'une femme avec un phallus géant, crime qui lui vaut son arrestation.
Toutefois, la violence institutionnalisée à laquelle il est soumis, puis sa réhabilitation en pleutre servile sont tout aussi effrayantes que les méfaits des Droogs, et plus inquiétantes encore par ce qu'elles disent de l'hypocrisie, de la corruption et du sadisme de la société. Pour sortir de prison, Alex accepte de subir un traitement expérimental par l'aversion : attaché, les yeux écarquillés avec des pinces, on lui projette des images destinées à modifier son comportement. Ses tendances violentes sont effectivement supprimées mais son humanité essentielle également. Privé de sa capacité à faire le mal, c'est un être diminué. Son retour à la liberté est un désastre : trahi par ses anciens camarades, qui, ironiquement, sont entrés dans la police, il est retrouvé par une de ses ex-victimes traumatisées qui se venge lors d'une rencontre aussi hilarante qu'angoissante.
Certains détails de cette vision d'un avenir pas si lointain ont pris un côté désuet (les disques en vinyle, la machine à écrire d'Alex) et la violence tant décriée à l'époque paraît bien discrète par rapport aux critères actuels. Mais l'image de voyous désoeuvrés tuant leur ennui par des actes d'une brutalité gratuite est plus que d'actualité, tout comme le vrai thème du film : la fragilité de l'individu et de ses droits personnels quand ils ne se conforment pas aux désirs de l'Etat. Esthétiquement superbe et souvent très drôle, avec une bande sonore délirante, Orange Mécanique reste aujourd'hui plus efficace que les nombreux films qui s'en sont ouvertement inspirés.
Evidemment, pour nous, notre génération, c'est beaucoup plus acceptable, beaucoup moins choquant qu'à sa sortie en 1971...(au même titre que L'Exorciste..)
Mais quand même, y'a des scènes qui m'ont bien choquée! lol
Et plus que des scènes, une ambiance...
Le contraste violence / musique classique y est pour beaucoup...
Et c'est filmé et mis en scène d'une facon magistrale!!
Kubrick a, avec Alex, crée un des personnages les plus géniaux et les plus intéressants du cinéma...Il effraie car il s'agit d'une personne raffinée dans ses goûts, mais horrible dans sa mentalité... ;-)
La performance de Malcolm McDowell est hallucinante!!! Dommage qu'il n'ait pas été employé de la sorte par la suite... A part Orange Mécanique, on retient quoi de lui? :-/ (un peu comme Mark Hamill / Luke Skywalker d'ailleurs...)
C'est dommage... :-(
Un film à voir, revoir, et rerevoir!
Véritable choc au moment de sa sortie il n'a laissé personne indifférent.
Chef d'oeuvre pour les uns, justification de la violence et de la haine pour les autres, Kubrick a, avec ce film,définitivement marqué son époque...
Grande-Bretagne 137 mn n.b/couleur
Réalisateur : Stanley Kubrick
Scénario : Stanley Kubrick, d'après le roman d'Anthony Burgess
Photographie : John Alcott
Musique : Nacio Herb Brown, Walter Carlos, Rachel Elkind, Edward Elgar, Gioacchino Rossini, Ludwig van Beethoven, Henry Purcell, Nikolai Rimsky-Korsakov
Interprètes : Malcolm McDowell, Patrick Magee, Michael Bates, Warren Clarke, John Clive, Adrienne Corri, Carl Duering, Paul Farrell, Clive Francis, Michael Gover, ...
Synopsis :
Dans un futur plus ou moins proche, Alex et sa bande, à la recherche d'ultra-violence, commettent les crimes les plus gratuits : agressions, viols, meurtres. Trahi par ses complices, Alex est arrêté et envoyé en prison où il subit un traitement expérimental destiné à supprimer ses mauvais penchants. Rendu aussi doux qu'un agneau, il est remis en liberté. Mais ses anciennes victimes se vengent...
Critique de "1001 Films" :
Film le plus controversé de Stanley Kubrick, Orange Mécanique fut interdit au Royaume-Uni à la demande du réalisateur peu après sa sortie, et ce en dépit d'un succès phénoménal, accompagné, il est vrai, de très violentes critiques. Devenu légendaire, il ressortit près de trente ans plus tard, après la mort de Kubrick. Cette fable sociale futuriste toujours aussi percutante est une transposition audacieuse du roman d'Anthony Burgess, lui-même accueilli à sa parution en 1959 par un mélange d'éloges et d'opprobre et longtemps jugé impossible à adapter à l'écran.
Jeune délinquant malin et pédant, Alex De Large (Malcolm McDowell) aime la pornographie, Beethoven et mener ses "Droogs" en chapeau melon et salopette blanche (avec un Warren Clarke poupin) dans des virées "d'ultra-violence" durant lesquelles ils parlent en rimes dans leur propre jargon, hybride de russe et d'argot cockney. Lors de la première partie du film, un passage très cru reviendra hanter Alex assagi : après s'être introduit dans une luxueuse demeure, le gang mutile le mari (Patrick Magee) et viole son épouse (Adrienne Corri) pendant qu'Alex chante "Singin' in the rain" en rouant les malheureux de coups de pied du bout de ses godillots à bout en acier. Il est intéressant qu'on se souvienne du viol comme d'une scène particulièrement pénible alors que Kubrick ne montre que l'instant où Alex découpe la combinaison rouge moulante de sa victime. Lors d'une autre virée, Alex fracasse le crâne d'une femme avec un phallus géant, crime qui lui vaut son arrestation.
Toutefois, la violence institutionnalisée à laquelle il est soumis, puis sa réhabilitation en pleutre servile sont tout aussi effrayantes que les méfaits des Droogs, et plus inquiétantes encore par ce qu'elles disent de l'hypocrisie, de la corruption et du sadisme de la société. Pour sortir de prison, Alex accepte de subir un traitement expérimental par l'aversion : attaché, les yeux écarquillés avec des pinces, on lui projette des images destinées à modifier son comportement. Ses tendances violentes sont effectivement supprimées mais son humanité essentielle également. Privé de sa capacité à faire le mal, c'est un être diminué. Son retour à la liberté est un désastre : trahi par ses anciens camarades, qui, ironiquement, sont entrés dans la police, il est retrouvé par une de ses ex-victimes traumatisées qui se venge lors d'une rencontre aussi hilarante qu'angoissante.
Certains détails de cette vision d'un avenir pas si lointain ont pris un côté désuet (les disques en vinyle, la machine à écrire d'Alex) et la violence tant décriée à l'époque paraît bien discrète par rapport aux critères actuels. Mais l'image de voyous désoeuvrés tuant leur ennui par des actes d'une brutalité gratuite est plus que d'actualité, tout comme le vrai thème du film : la fragilité de l'individu et de ses droits personnels quand ils ne se conforment pas aux désirs de l'Etat. Esthétiquement superbe et souvent très drôle, avec une bande sonore délirante, Orange Mécanique reste aujourd'hui plus efficace que les nombreux films qui s'en sont ouvertement inspirés.
Evidemment, pour nous, notre génération, c'est beaucoup plus acceptable, beaucoup moins choquant qu'à sa sortie en 1971...(au même titre que L'Exorciste..)
Mais quand même, y'a des scènes qui m'ont bien choquée! lol
Et plus que des scènes, une ambiance...
Le contraste violence / musique classique y est pour beaucoup...
Et c'est filmé et mis en scène d'une facon magistrale!!
Kubrick a, avec Alex, crée un des personnages les plus géniaux et les plus intéressants du cinéma...Il effraie car il s'agit d'une personne raffinée dans ses goûts, mais horrible dans sa mentalité... ;-)
La performance de Malcolm McDowell est hallucinante!!! Dommage qu'il n'ait pas été employé de la sorte par la suite... A part Orange Mécanique, on retient quoi de lui? :-/ (un peu comme Mark Hamill / Luke Skywalker d'ailleurs...)
C'est dommage... :-(
Un film à voir, revoir, et rerevoir!



